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mercredi 18 avril 2012

Ceni : L'embarras du pasteur Ngoy Mulunda


                CENI : L’embarras du pasteur NGOY MULUNDA                 


 
Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de la RDC, le pasteur NGOY MULUNDA a déclaré ne pas vouloir de 3 millions de dollars que la Belgique se proposait de débloquer pour appuyer les élections provinciales et locales en RDC tant que l’Union européenne (UE) n’aura pas revu son rapport sur les élections du 28 novembre 2011.
Ironie du sort parce qu’il n’y a pas longtemps le ministre de l’information du gouvernement précédent, M. Lambert MENDE, déclarait qu’il serait impossible d’organiser les élections provinciales et locales dans le délai, sinon pas du tout d’élections provinciales et locales, si les partenaires du gouvernement ne bougeaient pas leurs poches. Mais pendant que le gouvernement cherche de l’argent pour ces élections, c’est absurde que la CENI dont le financement est assuré par le gouvernement et à défaut par ses partenaires repousse la main tendue de la Belgique.  Qu’est-ce qui justifie vraiment l’attitude de MULUNDA ?
Pour comprendre la position du pasteur revenons sur ces faits :
1.       Les élections que vient d’organiser le pasteur NGOY MULUNDA n’ont pas connu le même succès que celles supervisées par son prédécesseur, également homme de Dieu, l’abbé Apollinaire MALUMALU. La plupart des observateurs nationaux et internationaux ont estimé que les élections de 2011 étaient non crédibles relevant plusieurs cas d’irrégularités et de fraudes. Pendant que le pouvoir sorti de ces élections souffre d’une grave crise de légitimité et tâtonne pour trouver le pilier sur lequel établir sa stabilité durant cette législature, c’est maintenant plus de trois mois depuis que le président de la République a prêté serment mais le gouvernement n’est pas toujours constitué, le principal challenger du président Kabila, en l’occurrence M. Etienne TSHISEKEDI continue à rejeter les résultats proclamés par la CENI et confirmés par la Cour suprême de justice, dont les juges dit-on ont été nommés par le président réélu ; la mission des NU en RDC vient de publier un rapport mettant en cause les forces de sécurité, la garde républicaine (GR) proche du président KABILA notamment, pour des violations des droits de l’homme commis avant, pendant et après les élections dans la ville de Kinshasa ; et enfin, dans son rapport final sur les élections, la mission d’observation des élections de l’UE vient de jeter l’huile sur le feu en qualifiant l’ensemble du processus électoral non crédible.
Le président de la CENI de son côté considère les élections qu’il a organisées comme une réussite, à part quelques problèmes logistiques. Mais à en croire les différents rapports des missions d’observations et la crise dans laquelle est plongé le pays au lendemain des élections personne, à part la majorité au pouvoir qui a bénéficié de l’action du pasteur et dont lui-même est membre, ne se leurrait à donner du crédit à l’auto satisfaction du pasteur MULUNDA.
2.       D’ailleurs, une opinion consistante considère que la CENI doit être reformé et son bureau, avec à la tête le pasteur NGOY MULUNDA, doit rendre le tablier. Tant l’Eglise catholique, une bonne partie de la classe politique, avec en son sein certains membres de la majorité au pouvoir, que la mission de l’UE recommandent, si pas demander, la démission du bureau de la CENI et sa reforme pour y intégrer des acteurs neutres.
En première, l’Eglise catholique, dont la prise de position considérant les élections de novembre 2011 comme non conforme à la vérité ni à la justice lui a occasionné le courroux du pouvoir en place qui a lâché les brides en poussant ses forces jusque même dans les églises pour réprimer les fidèles qui s’apprêtaient à manifester pour réclamer la vérité des urnes, a recommandé à l’issue du conclave des évêques recommandé « A l’Equipe actuelle de la CENI, d’avoir le courage de se remettre en question, de corriger impérativement les graves erreurs fustigées qui ont entamé la confiance de la population en cette institution, sinon de démissionner[1] ».
L’autre voix est celle de certains partis politiques, pour la plupart proches de l’opposition et quelques mécontents de la majorité, qui ne jurent que par la tête de MULUNDA qu’ils désirent ardemment voir démissionner ensemble avec son équipe.  
La mission d’observation de l’UE n’a donc fait qu’enfoncer le clou en recommandant dans son rapport final  la démission du bureau de la CENI. Son rapport publié le jeudi 29 mars 2012 conclut : « Les résultats des élections présidentielle et législatives de fin 2011 en République démocratique du Congo ne sont pas crédibles en raison de nombreuses irrégularités et fraudes » et recommande : « la restructuration de la Céni en y incluant la société civile pour contribuer à sa transparence, son indépendance et sa fiabilité, un audit du fichier électoral …[2]».
Seul contre « tous », le Pasteur reste serein et tenace dans son autosatisfaction du travail abattu par l’organe qu’il dirige et se précipite vigoureusement à repousser toute action qui le mettrait en cause, fusse une offre de 3 million d’euros de la Belgique dont pourtant la CENI et le pays ont besoin pour parachever la mise en place des institutions de cette législature aux niveaux national et provincial, mais qui pêchent d’être conditionnés par la sommation à la démission de l’équipe de MULUNDA.
Dors et déjà, considérant sa vérité « ex cathedra », NGOY MULUNDA a rejeté toute idée de la démission de son bureau confiant à la presse : «  J’ai la conscience tranquille, ces élections ont été correctes, on n’a pas triché ». Mais, saura-t-il, quoiqu’au Congo le ridicule ne tue, résister à la quasi unanimité de l’opinion tant nationale qu’internationale qui réclame sans mâcher les mots la démission du bureau de la CENI ou persistera-t-il longtemps à prendre la nation en otage en la privant par ses caprices les aides qui lui sont pourtant nécessaires pour mettre en place les institutions locales, provinciales ainsi que le sénat ?
Le bon sens ne pousserait-il pas un homme dans la situation du Pasteur NGOY MULUNDA à démissionner de son propre chef, plutôt que d’attendre « un limogeage scandaleux » à l’africaine ?
A sa place moi en tout cas je partirai en douceur.  


jeudi 5 avril 2012

Un petit mot de bienvenu pour commencer ...

Encore petit, lorsque j'ai commencé à vivre les affres de la guerre dans mon pays, comme je continue à les vivre aujourd'hui, j'étais toujours écœuré de la dénaturation des faits par certains médias ou les belligérants. 
Je m'en voulais de ne pas avoir l'occasion de rapporter au monde les faits tels que je les ai vécus, de contredire les versions tronquées, de parler en tant que survivant et témoin (on m'a dit que c'est thérapeutique), bref de faire entendre la voix du sans voix. 
Je sais que c'est un peu dangereux car la victime est souvent passionnée. Mais, loin de cette considération, la vérité, quelle que soit la façon dont elle est rapportée, doit être dite et non étouffée. Je considère donc que ce blog est une occasion d'échanger avec les autres sur la situation dans mon pays, la République Démocratique du Congo, en particulier l'est du pays, région longtemps secouée par des conflits armés qui ont entrainé des graves violations des droits de l'homme contre les populations civiles. 
Ce carnet reflète également mon analyse personnelle de l'actualité politique, économique, sociale et culturelle. C'est une façon de partager mes considérations par rapport à ce qui se passe dans mon pays et dans le monde. C'est une façon d'exercer ma liberté d'expression, comme citoyen et militant des droits de l'homme. 
Toutefois, j'invite tout le monde à réagir à sa guise aux différentes publications sur ce blog, mais également à me faire part de ses observations et orientation pour améliorer le blog. Il serait cependant souhaitable de le faire dans le respect de la dignité et des droits des autres. 
Je souhaite donc la bienvenue à tous et que ce blog soit une occasion d'échange d'idées constructives pour la paix et le développement en RDC et dans le monde.